
Exhibition / Exposition / Exposición: Galerie Michel Tétreault, Montréal, Canada, 27/11/91 - 23/01/92
"LES JEUX entre le fond et la surface ont toujours dit, dans la peinture, bien autre chose qu'une technique où une manière de faire....Lorsqu'on tente de suivre ces jeux du fond et de la forme dans les peintures actuelles on découvre souvent, entre les productions entièrement, étrangères et différentes de plusieurs artistes, des coïncidences curieuses. C'est le cas à la Galerie Michel Tétreault, qui rouvre aujourd'hui ses portes après la fermeture des fêtes, entre les toiles de Jacques Hurtubise et celles de David Maes. Tous les deux considèrent la toile comme une peau…..Loin de s'avancer masqué, David Maes est la recherche de la vérité des corps. Pas tant celle de leur aspect physique, d'ailleurs, que celle de la globalité de l'humain dont ils sont le siège et l'expression; cette même vérité que tente de dissimuler le masque, lui-aussi, beaucoup plus que les seuls traits du visage... David Maes peint en effet avec la technique dite de la « réserve », c'est à dire que le lieu du corps sur la toile est laissé intact, sans fond qui pré-disposerait à une autre vérité. Réalité de la chair peinte à même la peau du tableau. C'est la manière de ceux qui aiment le corps. Le fond, qui n'est peint qu'autour de celui-ci, ne lui sert ni d'écrin, ni de présentoir, il en est comme l'aura. Le corps et l'espace qui l'entoure ne sont qu'une seule et même matière. Le fait que les corps ne sont pas dans des poses définies, mais sont saisis au cœur du tableau dans l'instant d'un geste ou d'un déplacement, et que leurs caractéristiques physiques ne sont qu'indicielles et indéterminées, loin de dire l'absence d'identité, l'affirme au contraire aux dimensions de la totalité du monde ... (Jean Dumont, Le Devoir, Montréal, mardi 7 janvier 1992)