le mariage des eaux
Sylvie Cavillier et moi-même avons mis en place une structure qui nous permet, à travers nos différents travaux (peinture, gravure, livres, livres d'artiste, vidéos...), de témoigner de nos intérêts pour l'art et pour l'engagement dans le monde, pour la rencontre entre les cultures, pour les croisements entre les modes d'expression artistique. Bref, de nous situer à ces différents carrefours où nos deux vies nous ont amenés.

Nous l'avons baptisée : « le mariage des eaux »


Les Chroniques de la Grande Mademoiselle

Notre premier projet est de faire paraitre un recueil de Sylvie Cavillier sur l'Enfance : Les Chroniques de la Grande Mademoiselle , regard de la petite fille qu'elle a été sur une famille, des lieux, une époque, un milieu social. C'est avec grand plaisir que nous vous invitons à  le découvrir et à le faire découvrir à d'autres!




Extraits :

"Parfois, au mois de juin, avant de partir en vacances, il fait très chaud dans la cité. Au dessus du minuscule balcon de la cuisine, on étend un grand drap pour faire de l'ombre. La cité dort. Les bâtiments blancs ont l'air de paquebots coincés dans un port. Les pelouses sont sèches et tondues. L'air chaud tord les silhouettes. On dirait l'Afrique. Pour se désaltérer, on boit de l'eau avec du coco ou on fait des glaces dans les bacs à glaçons en mélangeant du café et de l'eau. On cherche la fraicheur des arbres, dans les vergers, après le cimetière. On transpire vraiment, les joues sont chaudes et rouges, et la gourde est toujours trop petite...."

"Tous les deux, trois mois, Maman s'acquitte d'une mission hautement périlleuse : elle lave les vitres de l'appartement. Pour une raison mystérieuse, la vitre gauche de chaque fenêtre ne s'ouvre pas. Pour laver l'extérieur, Maman est obligée de s'asseoir sur le rebord de la fenêtre, de s'accrocher au chambranle et de se pencher dans le vide, du haut de son quatrième étage. La Grande Mademoiselle, le Petit Homme et l'Ange blond, remplis de terreur muette, tiennent Maman par les jambes pour faire contrepoids. L'opération finie, sans incident, chacun respire comme sous l'effet d'une grande délivrance. Maman n'est pas tombée. En général, les jours suivants, il pleut. Et Maman dit :
- Ça ne m'étonne pas, je viens de faire les vitres. C'est comme si je n'avais rien fait....»



Sylvie Cavillier  « Les Chroniques de la Grande Mademoiselle »
64 pages - Mise en page de Laurence Maigret
Parution : courant mai 2008 - prix : 15€ (10 € pour chaque exemplaire supplémentaire)
Pour commander, contacter : david@davidmaes.com



La pluie exaucée

En 2002, nous avons réalisé un livre "La pluie exaucée". Onze poèmes de Sylvie Cavillier sont accompagnés d'une reproduction d'une gravure de moi-même en couverture. Ce livre est encore disponible.


Extraits :
« Parmi les chants des buissons
  un chant me suit de buisson en buisson

  c'est ma voix d'oiseau
 
  la voix de gorge à gorge
  qu'appellent certains regards
 
  la voix sortie toute seule
  de l'oubli de soi-même

  la voix qui dit qui
  la rend belle"



"Je te porterai mon frère, jusqu'au bout mon amour fraternel
  te portera, jusqu"au bout de toi, petit bout de bois vermoulu,
  même si dans tes yeux je vois déjà la poussière - ou sont-ce 
  les cendres de notre mère ?  Je te porterai jusqu’au bout de
  ma force de foi, petit bout de bois, petit bout d’amour, joli
  bois d’amour. Il nous était une mère qui nous lie et nous a dit :
  ne vous laissez pas, frères, portez-vous jusqu’au bout,
  qu’importe l’absence de chair, déjà quand vous vous êtes
  connus il avait ce regard surgi de je ne sais où – ou est-ce
  de mon sein tari ? Je te porterai mon frère, je te porterai
  jusqu’au bout, petit bout de bois sec et dur, petit bout
  de voie ferrée qu’un jour nous avions ramassé, pris
  pour le Jésus d’une Vierge noire

  et qu’un jour ils prieront."



Sylvie Cavillier   « La pluie exaucée »
32 pages - Mise en page de Laurence Maigret
Parution : décembre 2002  - prix : 10 €
Pour commander, contacter : david@davidmaes.com